Le 17 avril 2025, les kits photovoltaïques et batteries « plug & play » étaient autorisés en Belgique. Sur base des chiffres fournis par les gestionnaires de réseau, un peu plus de 8000 déclarations de ces équipements ont été introduites en Belgique en une année. Plus de 75 % de ces déclarations concernent des batteries résidentielles situées en Flandre. Toutefois, d’après plusieurs signaux économiques, le nombre d’équipements réellement en service en Belgique est très supérieur à ces déclarations. La première année du plug & play en Belgique montre des dynamiques d’adoption très différentes selon les Régions.
Le secteur souffle sa première bougie
Autorisés sur le marché belge depuis le 17 avril 2025, les équipements plug & play ont rapidement gagné en visibilité et en adoption, tout en suscitant des débats classiques liés à toute nouvelle technologie énergétique qui devient accessible au grand public (sécurité, impact réseau, rentabilité, utilité sociétale, etc.). Le secteur a connu quelques ajustements réglementaires, comme la suppression de l’obligation du capteur EnFluRi pour les batteries en octobre 2025. Les tensions concernant l’application de la contribution Bebat aux batteries résidentielles ont, quant à elles, été exacerbées ces 12 derniers mois avec l’arrivée des batteries plug & play. Quoi qu’il en soit, ces nouveaux équipements se sont imposés dans le débat public, jusqu’à être désignés « Produits de l’année 2025 » par les lecteurs du quotidien flamand De Standaard[1].
Des dynamiques régionales contrastées
En Flandre, les déclarations à Fluvius sont largement dominées par les batteries : environ 6200 unités contre près de 1200 kits photovoltaïques recensés fin mars 2026. La fin du mécanisme de compensation en Flandre (compteur qui tourne à l’envers) incite les ménages à maximiser leur autoconsommation, rendant les batteries plug & play particulièrement attractives. C’est aussi en Flandre qu’on observe le plus d’initiatives d’achats groupés, en particulier de batteries résidentielles. À Bruxelles, une soixantaine d’équipements seulement ont été déclarés en une année, répartis équitablement entre panneaux et batteries.
En Wallonie, Ores et Resa évoquent ensemble environ 550 kits photovoltaïques plug & play déclarés, mais ne monitorent pas (encore) de manière distincte les déclarations des batteries résidentielles spécifiquement “plug & play”. Via ses interactions avec ses utilisateurs, Pluginfo constate que le marché wallon est davantage orienté vers les kits photovoltaïques que le marché flamand[2]. Ceci est vraisemblablement dû au fait que de nombreux prosumers wallons bénéficient encore de l’avantage du compteur qui tourne à l’envers jusqu'à 2030, ce qui réduit l’intérêt économique des batteries résidentielles.
En extrapolant ces chiffres aux autres gestionnaires de réseau, nous estimons un peu plus de 8000 déclarations pour du plug & play en Belgique depuis avril 2025. Comparé à ses voisins européens, la Belgique est un marché en phase de démarrage. En Allemagne, 435 000 kits photovoltaïques plug & play avaient été enregistrés sur l’année 2024, pour un parc total réel estimé entre 1,5 et 4 millions d’unités[3]. En France, plus de 66 000 installations photovoltaïques de très petite puissance (≤1 kW) étaient raccordées fin 2025[4]. Cependant, en Belgique comme à l’étranger, les chiffres officiels sont vraisemblablement très en dessous du nombre d’unités réellement opérationnelles sur le territoire.
Pourquoi le nombre réel est si difficile à estimer ?
Contrairement aux installations photovoltaïques et aux batteries résidentielles traditionnelles, les dispositifs plug & play sont très petits et injectent peu, voire pas du tout, d’électricité sur le réseau. Leur logique repose avant tout sur la couverture directe d’une partie de la consommation électrique du ménage. Cela les rend très rentables, mais également largement invisibles pour les gestionnaires de réseau, même lorsqu’ils disposent de compteurs numériques. À cela s’ajoutent des obligations de déclaration au gestionnaire de réseau encore peu connues du grand public et qui diffèrent entre les Régions, ainsi que des circuits de vente parfois difficiles à tracer.
Par conséquent, les données officielles ne reflètent qu’une partie du marché. Sur base de plusieurs signaux économiques, tels que les volumes de ventes, les déclarations des acteurs du terrain et des observations croisées, le nombre réel d’équipements opérationnels pourrait être cinq à vingt fois supérieur au nombre d’unités effectivement déclarées.
Une étude du marché est actuellement menée dans le cadre de Pluginfo afin d’estimer le parc réel installé en Belgique. Dans le courant de l'année 2026, nous publierons un rapport d’étude fournissant la toute première estimation indépendante du nombre d’unités solaires et de stockage plug & play opérationnelles en Belgique. A suivre sur l'espace pro de Pluginfo.
Les enjeux du secteur
Sur le plan sociétal, le plug & play permet d’élargir l’accès aux outils de la transition énergétique à des publics jusqu’ici moins bien équipés, comme les habitants d’appartements, les locataires de maison ou les publics précarisés. Vu leur utilité, Pluginfo considère qu’il est important de continuer d’accompagner leur déploiement de manière réaliste et pragmatique : améliorer le monitoring du marché, adapter la réglementation à un public non spécialisé, mieux informer les utilisateurs et encadrer les pratiques commerciales. L’expérience des pays voisins montre qu’un déploiement maîtrisé et sécurisé est possible, à condition de traiter ces équipements comme des appareils domestiques classiques, avec des règles d’usage simples et une information fiable.
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[1] De Standaard : https://www.standaard.be/economie/het-product-van-2025-batterij-en-zonnepaneel-met-stekker/121340696.html
[2] Cfr l’article https://pluginfo.be/blog/les-wallons-veulent-du-pv-les-flamands-veulent-des
[3] Source : BSW-Solar, l’association allemande du solaire
[4] Source : Enedis https://data.enedis.fr/pages/parc-raccorde/